Quel avenir pour le Naturisme Français?

Quel avenir pour le mouvement naturiste français ?

 

Le naturisme à plusieurs sources, plusieurs courants fondateurs, des pionniers qui se sont battus contre les pudibonds qui ne voyaient qu’exhibitions ou débauches morales, où nous voyons la nudité comme étant naturelle et saine qui engendre la confiance en l’autre et le respect de la nature (environnementale et humaine).

Les penseurs et fondateurs naturistes venaient d’horizons divers, ils étaient médecins hygiénistes, hommes d’église, sportifs, anarchistes, artistes, etc…

Pour imaginer son avenir, il faut se remémorer ce qu’était il y a 30 ou 40 ans, le mouvement naturiste français.

La Ffn regroupait en son sein les clubs ET les centres de vacances. La Vie au soleil était le magazine officiel de la Fédération française de naturisme. Des centres de vacances se créaient grâce à des volontaires sans savoir ce que leur petit centre deviendrait plus tard des « Belezy, la Sablière et bien d’autres », grands ou petits structures qui perdurent encore aujourd’hui.

Il n’y a qu’à lire d’anciens numéros du magazine « La Vie au soleil » pour voir que le pays foisonnait de clubs avec terrain, de centres de vacances, de créneaux piscines, d’une section jeunesse, etc… La Fédération comptait jusqu’à 80.000 membres, avait des permanents, accueillait dans de très beaux locaux avec une « Maison du naturisme » et le Cap d’Agde était un des phares du naturisme familial en France.

Puis vint la scission, le schisme ! Suite à une gestion qualifiée d’opaque par certains et des doutes sur l’utilisation des fonds par les dirigeants de l’époque ; le tout saupoudré par de plus des tensions entre les clubs recevant du public et les centres de vacances, le choix a été radical. Ces derniers quittèrent la Ffn et la licence ne devint plus obligatoire pour pouvoir y séjourner. Alors qu’elle resta obligatoire pour les adhérents de clubs ou d’associations. Quelques-uns allèrent même jusqu’à s’essayer à la création d’une contre fédération pourvue de divers avantages dont des réductions qui affaiblirent encore plus le mouvement.

2020, une femme préside la Ffn 

Aujourd’hui, 70 ans après sa création, seulement 15.000 licenciés composent la Fédération, ce sont des adhérents de 141 associations de clubs affiliés et des adhérents directs. Des centres de vacances naturistes ont été fermés, suite au décès ou au départ à la retraite de leurs fondateurs ou propriétaires, certains furent vendus faute de repreneurs, d’autres sont mêmes devenus textiles.

Il est devenu très compliqué d’obtenir de nouveaux créneaux piscines naturistes. Les maires étant de plus en plus frileux vis-à-vis des revendications communautarismes religieuses, qui susciteraient d’après eux, l’octroi de tels créneaux. Le courant hygiéniste des débuts a cédé la place à un naturisme de bien-être, vu que la population n’a plus à se soucier de la tuberculose et des maladies qui ravageaient la classe ouvrière de la révolution industrielle.

Mais plus que jamais, nous avons de sérieuses raisons de croire dans l’avenir du naturisme ! L’évolution des mentalités, la recherche de l’authenticité, de la convivialité, des vraies relations, de la simplicité, du besoin de libertés, de nouvelles découvertes, de challenges…

Tous ces points sont déjà dans notre philosophie. La simplicité reconnue des naturistes, sans artifices vestimentaires, ni marqueur social font légion. La découverte de nouvelles sensations sur sa peau : sentir l’eau, l’air, le soleil et donc se sentir juste vivant sont imparables. Aller au-delà de ses peurs, en finir avec le paraitre et voir la moindre de ses craintes disparaître une fois que nous avons réussi à être nu parmi des inconnus, toutes ses vertus sont prouvées… Le naturisme est donc une source de confiance en soi. Franchement quoi de plus authentiques que nos centres vacances ou nos petits clubs avec terrain auto gérés !

L’art de vivre naturiste a toujours su s’ancrer dans son époque, faisant siennes les valeurs modernes de la société. Voilà pourquoi il appelle de concert tous nos clubs à s’adapter en permanence aux mutations sociales. Aujourd’hui, le naturisme répond à une recherche de bonheur, de liberté, de bien-être, de non-jugement physique et à une préoccupation écologique. Il revendique tout naturellement le droit d’être ! S’adapter aux changements sociaux et aux aspirations des nouvelles générations, voilà le véritable défi de nos clubs !

Lorsque l’on constate que la moyenne d’âge des naturistes en centres de vacances est de 30 ans, les thèmes portés par notre mouvement sont au cœur des réalités actuelles. L’écologie et la protection de l’environnement, l’égalité entre les sexes, le non-jugement physique (le concept de « body acceptance » venu du monde anglo-saxon), le retour à des valeurs d’entraide, la prise de conscience d’une alimentation locale et raisonnée… La liste est encore longue.

Et pourtant la moyenne d’âge dans les clubs, elle, reste élevée ! Les raisons sont multiples. 

A commencer par le rapport au naturisme. On note une baisse de l’investissement des personnes dans les associations, une grande partie des nouvelles générations se sent plus consommatrice du mode de vie naturiste que militante. Ensuite, l’offre d’une large partie des clubs n’est plus forcément bien adaptée aux désirs et besoins modernes. En effet, comment attirer des familles avec enfants et jeunes quand les seules activités proposées se réduisent à des barbecues ou des parties de pétanques ou que les responsables calent sur l’entretien du terrain et des autres obligations avant de penser aux loisirs. Sans oublier ce ressenti très désagréable lorsque l’on vous fait comprendre que les enfants en bas âge dérangent car trop bruyants !

La difficulté des anciens à lâcher les rênes de « leur club » en est la preuve. Bien souvent ces personnes y ont passé tout leur temps libre, sans compter toutes les heures à fabriquer les installations du terrain de leurs propres mains. Il en résulte parfois un repli sur soi, la méfiance envers les nouveaux, le refus de communiquer vers l’extérieur, internet est vu comme quelque chose d’incontrôlable. Il est probable que les clubs qui ont ces appréhensions et ce type de fonctionnement sont voués à disparaître, faute de renouvellement des adhérents. 

Se remettre en question, s’interroger pour se réinventer, être à l’écoute pour ne pas perdre pied et offrir un renouveau permament à sa structure n’est certes pas évident, mais plus que nécessaire, c’est fondamental pour durer.  

Il reste donc à inventer le naturisme des années 2020

Heureusement des clubs avec ou sans terrain (clubs de plages, etc…) fonctionnent très bien. Ils sont bien insérés dans le tissu associatif de leur commune, en participant aux forums associatifs de leur ville, ils communiquent en général beaucoup sur le web et les réseaux sociaux afin d’intéresser des publics plus jeunes et sensibles à un naturisme dynamique, en phase avec leurs attentes et qui leur parle.

Nous devons communiquer sur nos fondamentaux, « le naturisme est un mouvement mixte laïque, prônant l’égalité F/H, écolo et humaniste, en rapport avec les valeurs d’un pays libre et démocratique ». L’acceptation de l’autre sans jugement physique doit être être une priorité lors de nos discussions avec les non naturistes. Beaucoup de néo-naturistes ne sont pas des militants comme l’étaient nos anciens, ils ne voient pas le naturisme comme un combat mais comme un moyen agréable de se ressourcer en vacances ou le week-end. Alors leur demander de militer est pratiquement voué à l’échec. Les responsables de clubs doivent en tenir compte dans leur communication.

Pour être attractif le naturisme se doit aussi d’être « fun » ! Le succès des visites de musées, la fréquentation toujours croissante des restos nus ou des bowlings le démontre allégrement. Dans la définition du naturisme établit en 1974 au Congrès d’Agde, il est intéressant de noter que le mot « nature » se comprend aussi par « nature humaine ». Dans ce contexte, les activités naturistes urbaines ont donc toutes leurs places dans notre mouvement. Le succès du naturisme dit « urbain » où les nouvelles activités naturistes dont fortement plébiscitées par la nouvelle génération, en sont le reflet le plus flagrant. Bien évidemment, la relation avec la nature est importante et ne doit pas être oubliée tout comme la nudité, base de notre philosophie. Cette relation à la nature, c’est ce que viennent chercher les néo-naturistes. Quoi de mieux qu‘être nu pour effacer les classes et les clivages sociaux ? Nos glorieux pionniers l’avaient bien compris TOUS NU, TOUS EGAUX.

C’est une évidence, le naturisme de clubs a de nombreuses cartes à jouer. Il y a ceux avec terrain ont l’avantage d’offrir un cadre privilégié mais leurs dirigeants doivent penser à adapter leurs infrastructures et leurs activités aux plus jeunes en leur faisant confiance. Les idées de décroissance correspondent parfaitement au fonctionnement de nos clubs avec terrain.

Coté clubs de plage, leurs efforts pour la préservation de leurs espaces naturistes sont justifiés, puisque la plage naturiste est pour 90% des personnes interrogées, la porte d’entrée dans le naturisme. Ils sont d’une importance vitale pour notre mouvement. Quant aux clubs sans terrains et la Ffn, ils doivent organiser des rendez-vous naturistes sortant de l’ordinaire comme la création de festivals naturistes, la mise en place de visites culturelles, multiplier les restos nus et inventer d’autres activités toujours plus ludiques.

Soyons moins frileux dans nos activités, osons, soyons audacieux ! Cette diversité doit permettre à tous de vivre le naturisme qu’il souhaite, en mixant aussi entre toutes ces « branches » au grès de ses envies. Accuser l’un ou l’autre de ces courants de « naturisme à l ‘ancienne » ou de « ce n’est pas du naturisme » entrainera le mouvement dans un combat stérile épuisant et mortifère. Nous devons être plus présents sur les réseaux sociaux et produire nos propres documents vidéo afin de ne pas laisser à d’autres « dire le naturisme ». Nous sommes entrés dans une société de communication et la Ffn se doit d’être moteur dans la communication. 

N’oublions jamais qu’il n’existe pas UN naturisme mais DES NATURISMES !

La Fédération française de naturisme doit veiller à ce que tous ces courants se retrouvent en son sein et diffusent nos valeurs. 

ES JCP

Cet article a 2 commentaires

  1. ANDRE Gerard

    Actuellement client du CHM Monta je viens de lire ce constat réaliste et j’en partage l’analyse pragmatique et lucide !À mon humble avis la création d’une grande confédération regroupant tous les courants Naturistes/Nudistes apporterait un plus certain à cette philosophie et à cet art de vivre que nous affectionnons toutes et tous dans le respect de nos différences.

  2. EL-SAHEL

    Hello…

    Extrait tiré du « ticket » :

    « Mais plus que jamais, nous avons de sérieuses raisons de croire dans l’avenir du naturisme ! L’évolution des mentalités, la recherche de l’authenticité, de la convivialité, des vraies relations, de la simplicité, du besoin de libertés, de nouvelles découvertes, de challenges… »

    Tout d’abord je tiens à dire que, j’ai grandi dans un « cocon en Liberté », il n’y a pas un membre de ma tribu que je n’ai point vu « à poil » ou « sans poils »…

    – Évolutions des mentalités : En quoi cette évolution serait si grandiose, sur GAÏA et dans les coins les plus hostiles, l’Homme se protège depuis des lustres et ce n’est pas une histoire de Liberté, c’est juste que l’Homme a évolué, il s’adapte car il veut survivre et cela par instinct. L’Homme moderne pense toujours qu’il est plus malin que nos ancêtres… se mouvoir à poil sur une plage au Sénégal, c’est prendre le risque de choper un ver, se baigner à poil dans l’Amazone, c’est prendre le risque de chopé le Candiru dans le pénis !!! Mais que tienne, évoluons en rétrogradant !!!

    – (à) la recherche de l’authenticité : Quelle authenticité ?!? Celle d’être différent ??? L’Homme, depuis toujours est un individu, aucune n’emprunte digitale n’est pareil. Je suis Stoïcien (celui qui rit en brulant pour faire bref!) mais je ne suis volontaire pour traverser le désert à poil, ma VIE en dépend… ceci étant un choix de Liberté car je suis authentique face à la Nature !!!

    – de la convivialité : être à poil (ou sans) est convivial… ou comment sucré la moutarde !?! Un petit groupe sera toujours convivial, effet d’appartenance, mais quand il grandira… bref! Un monde à poil, Why Not ?!?

    – des vraies relations : les « habillés » ont aussi de vraies relations, encore une « vue » simpliste, voir non-humaine. en gros et comme dans chaque club, « j’y suis, donc je suis le meilleur’ ou comment faire croire que… (un peu comme les végans, en sorte).

    – de la simplicité, du besoin de libertés, de nouvelles découvertes, de challenges- : Tel un commercial, on vend du vent !!! Alors traverse le désert tout nu, visite une forêt dense tout nu, suit le blizzard au pôles tout nu ou baignes-toi dans une mare infestée !!! Ceci est un vrai « Challenge »… mais l’Homme moderne considère qu’un lieu apprivoisé tel qu’un centre ou club s’assimile à un « challenge’.

    Maintenant la question est : EST-CE QUE L’HOMME S’HABILLE POUR SE PROTÉGER OU PAR PUDEUR DE CRÉTINS OU DE CHRÉTIENS ?!? Avant on avait des poils pour se protéger (LUCIE), maintenant on décrète qu’à poil c’est plus Humain… mais les poils d’avant ont disparu et un simple HxNx (corona) fait trembler l’humanité. Moi j’adore ce paradoxe, plus l’Homme ce dit « moderne », plus il devient « débile », car il pense toujours que les « ANCIENS » ne savaient RIEN !!!

    – Je suis fils de GAÏA, la mère qui punira les inconscients… faites-vous plaisir mais comme tout groupuscule, arrêtez de prôner sur un trône sans fondations (La Machine à Explorer le Temps -1960)

    ASAP

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